Les secrets de l'Atelier de la Timbale

22 octobre 2020

Photographe et modèle

Il y a deux ans, j'ai commencé à m'intéresser au travail de Vivian Maier, cette photographe étasunienne qui a laissé derrière elle des dizaines de milliers de photos quand elle est morte dans l'anonymat le plus complet. J'ai vu un documentaire réalisé par un jeune type qui est tombé incidemment sur ses caisses de négatifs et de photos, dans une vente aux enchères, et qui a trouvé là la poule aux oeufs d'or. 

J'avais alors initié un petit travail de recherche sur le sujet, m'inspirant à la fois de son travail et surtout de sa vision.  C'était un personnage intrigant, à la personnalité complexe, qui toute sa vie a travaillé comme nounou dans des familles aisées, et a laissé aux enfants dont elle avait la charge des souvenirs très contrastés, suivant les rapports qu'elle entretenait avec eux.  Impossible de se faire une idée de qui elle était vraiment.

Variation au gris de Payne d'un portrait de V. Maier

Le fait est qu'elle avait le chic pour saisir des attitudes qui en disaient long sur la psychologie de ses modèles et qu'elle laisse un très précieux corpus pour témoigner des époques qu'elle a traversées, à New York ou Chicago.

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 Plus étonnant encore, elle avait pris l'habitude de se photographier également, à la faveur de reflets dans des devantures, le plus souvent.  Si le regard de ses modèles était très éloquent, le sien en revanche opposait un hermétisme tranquille, difficile à percer.

Indépendamment de la petite histoire, très étonnante, j'ai trouvé dans le travail de Vivian Maier un point d'entrée très fertile pour un portrait d'Eléonore en photographe.  C'est-à-dire non plus comme personnage de mes scénarios imaginaires, mais en tant qu'elle-même, pour témoigner de ce qu'elle est au moment de cette exposition qui porte son nom, parce que je la connaissais finalement assez peu et que j'avais du mal à trouver de la cohérence entre tous les visages que ses photos mettaient en scène.  L'inverse de Vivian Maier, en somme.

Je me suis donc emparée d'une série d'autoportraits avec un miroir pour faire dialoguer à la fois les rôles successifs qu'Eléonore endossait, mais aussi l'écho de ce dédoublement dans l'histoire des femmes photographes. 

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J'ai cédé à ma passion du foisonnement pour cette composition dense, qui juxtapose les plans sans qu'on comprenne vraiment comment fonctionne l'espace.  J'ai pensé à un studio qui serait semblable à mon atelier, encombré, tapissé d'images stimulantes, sans queue ni tête...  Je comptais sur les lavis pour délimiter plus clairement les différentes zones; c'est avec eux que j'ai joué en dernière instance pour que ressorte franchement le portrait central (inspiré par une photo initialement en noir et blanc, comme l'était celle de Vivian Maier dans le portrait du début de cet article).  J'ai également inséré dans un petit coin du tableau une photo tirée d'un film de Todd Haynes, Carol, dans lequel il s'inspire directement lui aussi de l'esthétique des clichés de Vivian Maier.

 

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21 octobre 2020

Le martyre

Au cours de mes investigations sur le sujet de Notre-Dame, je suis tombée sur une image très, très frappante : les fameuses statues de la flèche, déposées peu avant l'incendie fatale, remisées dans un hangar pour leur restauration... sans leur tête !  Un outrage, que dis-je ? Un crime de lèse-majesté.  Avec un peu d'avance sur l'actualité, je me suis mise à réfléchir à cette histoire de décapitation, sans savoir que c'était tellement dans l'air du temps. Et j'ai fini par concevoir le pendant de la Providence : l'illlustration d'une sorte de martyre subi par ces vénérables statues, pour la bonne cause cependant; ça me rappelait une parabole améridienne (enfin, avec les paraboles, on ne sait jamais vraiment d'où ça provient...) qui racontait l'histoire paradoxale d'un jeune type qui se cassait la jambe à cheval et maudissait son sort.  Sauf que sa blessure lui valait d'échapper à je ne sais quelle corvée potentiellement mortelle (l'autre ennui des paraboles, c'est qu'on oublie tous les petits détails qui en font le sel pour ne retenir que l'idée générale...).  Bref, un malheur peut receler un trésor, de la même façon qu'une chance providentielle peut déboucher sur une tuile finie.  Comme de toute façon, ça recommence aussitôt après - et c'est là que les amérindiens assuraient le service après-vente de leurs paraboles, avec cette théorie des cycles infinis... - mieux vaut cultiver un sain recul sur les événements de l'actualité.

Avec mon stock des autoportraits d'Eléonore, ma modèle pour la série, je disposais d'une base d'images qui allait me permettre d'animer un peu cette collection statuaire monumentale.  Ma première idée avait été de la faire danser entre les saints hommes, pour faire contraster son mouvement avec leur immobilisme hiératique. 

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Je travaille au préalable dans un carnet Hahnemülhe gris à l'italienne, qui me sert à fixer mes idées.  J'y mélange toutes les techniques au gré de mes envie... aquarelle, encre, stylo-bille...

Mais, en réfléchissant bien, j'avais mieux que cette première idée de départ : une photo d'Eléonore sur laquelle elle affichait une expression inhabituelle, que je n'avais jamais vue sur son visage, une sorte d'insolence qui interpelait le spectateur.  D'un coup, je tenais mon sujet.  Il ne me restait plus qu'à peaufiner les petits détails signifiants : un collier façon Far West qui évoquerait le couperet, et des broderies en forme de flammes sur le dossier de la chaise, allusion à l'incendie de l'an passé.

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Il était temps de passer à la réalisation.

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12 octobre 2020

La Providence

Le premier anniversaire de l'incendie qui a coûté sa flèche à Notre-Dame est tombé pendant le confinement.  Il a été l'occasion de la diffusion de documentaires sur ce jour funeste, mais aussi sur la restauration en cours depuis lors, celle qui ne devrait durer que 5 ans. J'y ai vu des images frappantes non seulement du bâtiment dévoré par les flammes mais aussi des statues en cuivre oxydé déposées providentiellement trois jours avant le drame.  La Providence... je tenais là un thème porteur.  J'ai commencé à farfouiller sur le Net pour alimenter ma rêverie, et ai bientôt trouvé mon sujet, dans lequel Eléonore allait encore tenir le rôle principal.

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Tout le problème se résumait pour moi à faire allusion aux événements et aux sentiments qu'ils m'avaient inspirés sans sauter à des conclusions faciles.  Les réactions des visiteurs de l'expo m'ont parfois démontré que ça n'était pas si évident, puisqu'on m'a demandé de but en blanc ce que je pensais des responsabilités dans l'incendie, comme si ce tableau évoquait en creux ce problème.  Ca m'a laissée songeuse et m'a rappelé un article que j'avais lu sur la propension de l'art contemporain à proposer un discours tout prêt sur les faits d'actualité.  Justement, c'est ce que j'aimerais éviter...

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D'un point de vue technique, je n'ai pas renoncé au trait, utilisant là encore mes plumes japonaises et leurs encres sepia ou grise (de mon propre dosage).  Je trouvais qu'il s'adaptait avantageusement à la taille des motifs, leur conférant une certaine substance là où l'aquarelle seule aurait peut-être entretenu un certain flou.

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J'ai procédé à l'envers du tout premier trableau de la série, en laissant le personnage principal en retrait par rapport à la confection du décor, ce qui m'a permis de jouer tout à mon aise avec l'eau et les pigments, en ne craignant pas de dénaturer des couleurs déjà posées sur le motif central.  

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A ce moment-là du travail, j'étais tentée de conserver à l'ensemble cet aspect assez frais et lumineux, mais cela m'évoquait davantage une aube radieuse qu'un soir tragique.  Il fallait donc s'ingénier à outrer les contrastes pour atteindre l'effet que je souhaitais, au risque de perdre complètement la gamme de couleurs qui m'avait tapé dans l'oeil.  C'est là que je dégaine en général mon gris de Payne.  Le couteau suisse des pigments.  Les lourdes volutes de l'incendie ne pouvaient que trouver en lui un partenaire de danse idéal. Et j'ai profité du travail dans l'humide pour sculpter dans la fumée ce que j'entendais comme l'écho des ailes que j'avais pensé coller à ma Providence au tout début du dessin. J'avais renoncé justement pour ne pas être trop explicite.  Mais peut-être que du coup, je ne l'ai pas été suffisamment.  Peu importe, à moment donné, c'est le spectateur qui écrit l'histoire, de toute façon.  Celle que j'avais cru deviner chez ma visiteuse ne me convenait pas spécialement, mais d'autres passants se raconteront problablement des tas d'autres choses bien plus stimulantes, que je n'imagine encore même pas...

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08 octobre 2020

La danse de la vie

Le temps du Confinement m'a poussée vers mon atelier, que je délaisse généralement aux beaux jours pour aller planter mon tabouret de sketcheuse en plein air.  On ne pouvait sortir qu'une heure par jour, c'est juste pour des dessins un peu approfondis, donc j'ai changé mes habitudes et retrouvé le chemin de mon petit espace artistique personnel, sous les toits.  Et je me suis donné le temps d'attacher entre elles des idées qui me tournaient dans la tête.  La première était liée à cette période si inattendue que nous traversions, et qui voyait les animaux sauvages réinvestir les lieux que nous avions désertés par obligation.

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J'avais très envie de me mesurer à une façade aussi complexe que celle de l'Opéra Garnier, sur laquelle je louche depuis des années.  Mon entrainement intensif de dessin sur le motif m'a rendue plus à l'aise au trait qu'au pinceau, si bien que j'ai opté pour une version à l'encre du bâtiment, dans une teinte de gris fabriquée par mes soins avec le matériel qu'un ami sketcheur m'a envoyé de Belgique.  Merci encore, Jean-Pierre.

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J'ai une fois de plus pioché dans les autoportraits d'Eléonore pour trouver un personnage susceptible d'illustrer mon propos : j'avais été frappée par le désarroi des danseurs de l'Opéra, privés de leur lieu de travail et contraints à continuer l'entrainement exigeant qui est le leur chez eux.  La juxtaposition des animaux réinvestissant l'espace public et d'une danseus éjectée de l'Opéra par la crise sanitaire me semblait particulièrement éloquente.  Je suis restée à la plume, mais en changeant d'encre pour chaque groupe : sépia pour les chevreuils et noir pour le personnage du premier plan. J'aime bien la fermeté du dessin à la plume.

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Restait à brider mon envie d'utiliser toutes les couleurs de ma palette à la fois, comme je le fais souvent dans mes carnets.  Je voulais donner à cette scène une douceur onirique, pour évoquer l'étonnante ambiance ouatée dans laquelle le Confinement nous avait tous propulsés.  Je me suis donc contentée de la gamme de bleus avec laquelle j'avais fait mes premiers petits essais, en bannissant toute nuance de vert, puisque la scène se passait à Paris, cité grise et bleue par excellence.

Au terme de ces semaines de travail, j'avais abouti à un résultat assez proche de ce que j'avais en tête au départ, dans lequel j'avais réussi à me cantonner à deux teintes principales, en prenant le parti d'habiller mon modèle de la même façon que les chevreuils, pour souligner la parenté qui existe, au moins dans mon esprit, entre les danseurs et la faune sauvage.

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06 octobre 2020

Et Botticelli créa Venus

J'en étais à ce point de mes cogitations quand on m'a fait la réflexion qu'Eléonore avait une chevelure à la Botticelli.  C'était vrai.  Et pas seulement pour la chevelure.  J'avais ressorti dans l'hiver mes tubes d'huile pour un hommage aux peintres que j'affectionne le plus : Mucha, Rockwell et Rembrandt.  Il n'y a pas qu'eux, mais j'avais eu l'idée d'une petite toile en leur honneur, après avoir parcouru les allées de la magnifique expo Rockwell à Caen l'an passé.  J'y avais mis en scène mes illustres prédecesseurs en compagnie de personnages de Norman Rockwell, ce grand ami de l'humanité, qui savait si bien saisir les physionomies et les caractères.

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Pourquoi ne pas continuer un peu dans cette veine-là et faire allusion cette fois à une oeuvre que j'ai vue à Florence il y a quelques années ?  J'avais été surprise par sa grande taille et la vivacité de ses couleurs.  Mais je ne pouvais pas laisser cet éclat phagocyter ma propre image en cours de réalisation.  Il allait falloir ruser un peu, et délaver notre innoncente Vénus, au profit de mon modèle très moderne.

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Petit à petit, avec précaution, j'ai rajouté de tierces couleurs, sans sortir du cahier des charges que je m'étais fixé.  Une scène tirée de la Vierge à l'enfant et les six saints a commencé à apparaître dans la manche du vêtement d'Eléonore. Je voulais qu'à la fin elle en constitue une sorte d'imprimé, comme si les femmes d'aujourd'hui se drappaient des références à leurs illustres aînées, presque avec désinvolture.  Mais ces images sont constitutives de notre tissu esthétique.

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Il fallait doser habilement la présence de chaque partie et je pas se laisser happer par les couleurs originelles, assez franches.  Heureusement, l'aquarelle est tout indiquée pour ce genre de travail et les lavis viennent facilement tempérer les teintes trop présentes, histoire de hiérarchiser les plans. En l'occurrence, c'est le bleu outremer qui a fait office de voile, grâce à plusieurs passages successifs, qui ont parfois nécessité que je reprenne un peu les lignes pour que le motif ne perde pas trop de substance.

En fin de compte, quand on voit l'oeuvre terminée depuis une certaine distance, la présence de Botticelli cède le pas à celle d'Eléonore, qui a pris à ce moment-là sa véritable place dans la série que je venais d'inaugurer.

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Il ne me restait qu'à lui conférer un cap définitif.

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05 octobre 2020

Les visages d'Eléonore

Il y a près de 9 mois, j'ai sollicité l'autorisation d'utiliser, comme point de départ à une série d'aquarelles, les autoportraits d'Eléonore Maingard, une jeune photographe dont je suis le travail depuis quelques années (Éléonore.M photographie).  J'avais envie de travailler sur le visage humain, dans un certain type d'éclairage, et ce que j'avais vu sur sa page me donnait envie de pousser plus avant les investigations. J'ai commencé par chercher, dans un petit carnet, à percer les secrets de sa physionomie, dont je ne percevais pas la cohérence à travers les différents visages que je lui voyais sur ses portraits. 

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Portait à la Hitchcock

Quand j'ai eu la sensation de connaître mieux ses traits, sa carnation et la nature de ses cheveux, je me suis mise en quête d'une gamme de couleurs pour la série à venir. Je n'avais toujours pas clairement en tête de fil conducteur, mais j'avais fait l'acquisition d'un godet de bleu vert assez stimulant, qui m'a donné envie de décliner une gamme froide, fait assez inhabituel chez moi.  Une guitariste venue à l'exposition nous a confié que, dans son langage de sinésthète, c'était un Fa majeur septième, et je veux bien la croire.

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J'avais encore en tête, à ce moment-là, de rendre hommage à certains peintres dont j'admire l'oeuvre.  C'est pourquoi, quand on m'a dit qu'Eléonore lui faisait penser aux vénus bouclées de Botticelli, j'ai entrepris de la mettre en scène dans une composition inspirée de deux tableaux à lui : La naissance de Vénus et La Vierge à l'Enfant avec six saints.  J'ai un peu dégradé l'image de ce dernier tableau en voulant en faire l'imprimé de la tenue de mon modèle, sans lui faire perdre pour autant ses spécificités.  Il fallait que l'allusion soit claire sans voler la vedette à mon fil conducteur.

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J'étais désormais prête à me lancer dans une aventure plus personnelle...

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22 septembre 2020

Modalités d'inscription pour l'exposition d'octobre

Le moment est venu de vous inscrire si vous souhaitez venir découvrir notre exposition-vente les samedi 3 et dimanche 4 octobre, à l’Atelier de la Timbale, à Tronchoy.  En effet, nous ne pourrons accueillir que 5 personnes simultanément, pour respecter les règles de prudence sanitaire.  Il est donc indispensable de réserver votre créneau, entre 10 et 19 heures, le samedi ou le dimanche.  Nous serons là tous les trois pour répondre à vos questions.

Les réservations se feront par téléphone, au 06.95.98.99.13, à partir de ce jour.  Ne tardez pas à vous manifester.

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03 septembre 2020

Exposition à l'Atelier de la Timbale en octobre

Nous sommes trois.  Trois à pratiquer assidûment des arts différents mais complémentaires.  Trois à avoir eu envie de nous associer pour que nos productions puissent s’enrichir mutuellement et déboucher sur un projet commun.

A l’origine, il y a eu les autoportraits photographiques d’Eléonore.  Plusieurs séries de prises de vue à thème dont elle est l’unique protagoniste.  Ils ont déclenché chez moi, l’aquarelliste du trio, l’envie de les décliner sur papier sous des formes différentes, sans aucune idée préconçue ni a priori de départ. Il s’agissait de suivre mon inspiration.

Dans un troisième temps, Grégory est venu poser ses compositions sonores sur la série d’aquarelles qui a émergé progressivement, pendant le temps du Confinement.

Au bout du compte, nous sommes heureux de vous annoncer que notre exposition commune est en bonne voie d’achèvement et qu’elle sera inaugurée à l’Atelier de la Timbale, à Tronchoy (89), le premier week-end d’octobre.  Nous serons présents tous les trois pour vous accompagner lorsque vous viendrez découvrir notre travail, sur rendez-vous pour respecter les règles sanitaires, et répondre à vos questions.  L’installation restera en place un mois, au cours duquel elle sera encore visible à votre convenance, en présence d’au moins l’un d’entre nous.

Voici une petite vidéo destinée à vous donner envie de venir nous rencontrer et découvrir quelle synergie est née de notre envie commune…  Alors à bientôt !

Pour en savoir plus sur le travail d'Eléonore

Pour en savoir plus sur le travail de Grégory

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17 juillet 2020

Petit tour en Saône-et-Loire

Bien que j'y aie des attaches familiales, j'ai assez peu dessiné jusque là dans cette partie de la Bourgogne.  Ce début de grandes vacances d'été a permis de remédier à cela, avec un périple graphique qui est passé par Saulieu, Couches, Autun, Chalon et le Creusot, toute seule ou avec d'autres dessinateurs bourguignons.

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04 juin 2020

A nous deux le Getty Challenge !

Je voulais profiter du confinement pour concocter une expo estivale, principalement à base d'aquarelles.  Et comme rien ne se passe jamais comme prévu, en plus de ma petite série d'aquarelles, que je tiens secrète pour l'instant et dont j'aurai l'occasion de reparler, les circonstances ont fait que j'ai eu envie de participer au Challenge Getty... mais si, vous en avez forcément entendu parler : une jeune italienne confinée a eu l'idée de se mettre en scène dans la recréation de tableaux de maîtres chez elle, avec les moyens du bord.  Elle a d'abord été contactée par un musée italien qui lui a demandé de continuer à faire ça pour lui, puis le Getty Museum de Californie, le plus grand musée privé au monde, a repris l'idée pour lui donner une tournure mondiale.  Les publications ont été innombrables, si j'en juge par ce que je vois sur les comptes instagram où les confinés amateurs d'art ont posté leurs géniales photos. 

J'en étais à me dire que j'allais peut-être me laisser tenter quand est arrivée la date de mon anniversaire.  Au lieu de la fête prévue de longue date, nous avons, quelques amis et moi, partagé un apéro en ligne.  Mais deux d'entre eux avaient mis leurs enfants à contribution pour m'offrir des reconstitutions maison de toiles de Norman Rockwell, peintre que j'aime peut-être pas par-dessus tout, mais bien à égalité avec Lawrence Alma-Tadena ou Jean-Léon Gérôme... Aussitôt la communication terminée, l'idée a germé de boucler la boucle et de reprendre l'une de leurs photos à l'huile, à la manière de Norman Rockwell.  Enfin, pour autant que je puisse m'approcher de son incomparable style, s'entend.

Voici donc un aperçu du résultat, avant de passer au pas à pas.

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J'avais repris un peu l'huile cet hiver, dans le calme de mon atelier où une petite zone avait été réservée au bazar qu'il faut pour mener à bien un projet de ce type.  L'odeur entêtante de la thérébentine a réinvesti la petite pièce sous le toit.  Sans pour autant ramener les maux de tête qui l'accompagnaient à une époque, mais je ne désespère pas... d'autant que le médium de substitution à je ne sais quelle huile cuite, inodore, a vieilli et commence à figer.

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Bref, j'ai dû dompter l'impatience engendrée par des mois d'aquarelle pour me remettre dans le rythme particulier de la peinture à  l'huile et reprendre les étapes une à une, à commencer par un dessin sur une sous-couche à l'acrylique brique.  Les vraies couches sont ensuite venues se superposer à cette première esquisse, avec, à moment donné, l'apparition en guest star d'un bout de vieille éponge pour soigner le rendu du crépi.  Les jours et les semaines sont passés et j'ai finalement posé les brosses et laissé sécher la toile de 50x70 cm, en vue de la présenter aux industrieux amis qui m'avaient fait fin avril cette belle surprise.

Je n'étais au bout ni de mes peines ni de mes surprises.  Pour commencer par celles-ci, il fallait mettre en scène la présentation de l'oeuvre à ses inspirateurs, en tenant compte des contraintes de la distanciation sanitaire post-confinement.  Allait-on directement leur envoyer la photo de l'oeuvre ou organiser un autre apéro à distance pour goupiller une sorte de révélation du tableau en plein milieu des libations ?  Nous en étions à ce point de nos discussions quand nous avons entendu des voix à la grille... j'aurais juré que c'était celles des amis en question, qu'on devait rappeler ce samedi-soir là.  C'était improbable, quand même, parce que le sms allait partir de notre téléphone juste à cette seconde-là... mais si, c'était bien eux, arrêtés devant chez nous à la faveur d'un petit tour familial à vélo pour fêter le déconfinement !  Incroyable !  Le tableau était dehors, dans la cour, prêt à être pris en photo à leur attention.  Une coïncidence extraordinaire.  La surprise a donc éte égale des deux côtés de la grille.

Pour ce qui concerne les peines, eh bien il a fallu créer un compte Instagram pour pouvoir partager nos oeuvres conjointes avec le reste du monde sous le hashtag #gettymuseumchallenge.  Et ça, ça m'a pris presque aussi longtemps que de peindre la toile.  Mais voilà, j'ai apporté ma pierre à l'édifice (https://www.instagram.com/p/CA2irk-Hp6C/), comme 43.000 autres personnes que l'art ne laisse pas indifférentes.

 

 

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