Les secrets de l'Atelier de la Timbale

05 octobre 2021

Un été sur la Côte

La faute au temps maussade de cet été 2021, sans doute, mais j'ai eu envie de me plonger dans les lumières caressantes de la Côte d'Azur le temps d'un sketch géant : la terrasse d'un hôtel méridional, remplie uniquement par les rais du soleil et la musique d'un jazzman.  Un dessin dense, sur une feuille de grande dimension, qui m'a occupée un moment... J'ai ensuite procédé par famille de couleurs, à l'aquarelle : les jaunes, les verts, les bleus.  Petit à petit, la scène a pris du relief et de la présence.

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Il ne manquait plus que quelques détails à la gouache blanche, et le tour était joué.  De quoi oublier un peu les rigueurs du changement climatique...

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14 septembre 2021

Reportage graphique pour Musiques en Tonnerrois (4ème partie)

Il me reste à évoquer les concerts à proprement parler.  En fait, c'était le sujet que j'appréhendais le plus, pour diverses raisons.  Déjà, parce qu'il fallait que je sois bien placée. J'avais commis quelques menus croquis plutôt minables lors de la précédente édition, sur un bloc à carreaux et depuis le 2 ou 3ème rang du public, de façon confidentielle, et ça m'avait laissé un petit doute sur ma capacité à faire quelque chose de plutôt chouette dans les conditions d'un concert.  Mais Sophie-la-flûtiste a toujours fait en sorte que je sois bien située et j'ai vite été rassurée, de ce côté-là.  D'ailleurs, lors du concert en l'église de Junay, sa petite commune, j'ai tenu à la remercier en lui réservant à mon tour une place de choix dans mon dessin.  Il se trouvait en outre que quelqu'un avait joliment fleuri l'église, ce qui m'a un peu délivrée de la contrainte de laisser aux musiciens l'intégralité de la double-page de mon carnet.  C'est vaste, une double-page, quand on n'a que deux ou trois musiciens devant soi à chaque pièce...  J'ai donc pu, tout à loisir, consacrer une bonne partie du temps du concert à une grande nature morte inattendue, à la lumière vacillante des chandelles, ainsi qu'à une petite statue polychrome qui faisait le cachet du lieu.  Dominique-le-réalisateur avait quant à lui su rendre très discrets ses éclairages, en drappant de blanc leurs pieds.  J'étais comme un coq en pâte.

 

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Pour le concert de clôture, j'avais un dernier souci : je n'avais pas eu l'occasion de croquer Sacha-le-pianiste, soit qu'il arrivait systématiquement après que j'avais déjà placé son collègue David au clavier, soit qu'il exécutait des pièces trop brèves pour me laisser le temps de le saisir au vol.  C'était mon objectif depuis le début : que chacun des musiciens figure au moins sur un dessin.  J'ai donc triché un peu, cette fois, et dérogé à ma résolution de ne jamais rien solliciter des participants pour m'adapter à leur agenda : je me suis assurée qu'il allait bien jouer des pièces un peu plus longues lors de ce concert et je lui ai gardé sa place au chaud dans ma composition.  La bonne surprise, c'est que j'ai pu dessiner à ses côtés Valentine-la-tourneuse-de-pages, qui n'est autre que sa fille.  Une fois encore, j'étais au premier rang et j'ai eu tout le loisir de peaufiner ma composition, en consacrant tout l'arrière-plan à la jolie église de Pacy, qui regorgeait de couleurs douces et inédites dans ma série de dessins.

 

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Mission accomplie, donc, au terme de ces 3 jours de festival qui m'ont été une véritable fête graphique.  Le pot de l'amitié à Pacy a été l'occasion pour les musiciens de feuilleter mon carnet; c'est le moment incontournable, car rien ne remplace l'objet-carnet.  Les publications en ligne n'en donnent finalement qu'une très vague idée, et c'est tout le bénéfice irremplaçable des rencontres entre carnettistes, avec les Urban Sketchers.  On rajoute à l'intérêt graphique le grain du papier, le poids du carnet, la perception des gestes du dessinateurs et les dessins prennent une tout autre dimension.

En résumé, j'ai vraiment réalisé une aspiration qui me taraudait depuis un moment, en créant ce reportage graphique : mettre mon dessin à l'épreuve de la narration.  On me demande toujours pourquoi je ne fais pas de BD.  Franchement, je regarde depuis des mois Borris poster sur sa page Facebook les crayonnés de sa future BD sur Jack London, et, à chaque fois, je me dis qu'il a un talent que je ne possède pas : celui d'inventer des physionomies variées et vraisemblables, principalement.  Pour ne rien dire des angles de vue, des décors, des costumes et du découpage de toute une histoire en petites cases.  Les auteurs de BD sont de véritables mutants et ils consacrent tout leur temps à leur métier.  Mon cas est un peu particulier : je ne dispose pas de l'intégralité de mes semaines pour monter de toute pièce une histoire complexe.  Enfin, qui le serait, parce que les fabulettes ne m'intéressent pas plus que ça, je me connais.  Par contre, je dispose quand même de savoir-faire accumulés depuis des années et qui sortent un peu des activités depuis longtemps établies, et ce Festival de musique classique m'a permis de commencer à attacher ces ficelles entre elles...

C'est ainsi que de l'exaltation née des concerts un concept a pris forme, issu du métissage du reportage graphique, de l'urban sketching, de la BD et de l'aquarelle : la spatio-chronographie !  Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?  Il faudra certainement lui trouver un autre nom, mais elle pose les bases d'une forme artistique probablement inédite : celle qui consiste à restituer la rencontre entre un moment, un lieu, des personnes et des activités, voire des dialogues, de façon graphique.  Dans un carnet, dans mon cas, mais ça méritera certainement une exploration approfondie des autres possibilités (par d'autres personnes, peut-être, car je suis fétichiste du carnet).  Parce que, en somme, les dessins réalisés pendant le festival rendent compte de plusieurs aspects de ce que j'ai été amenée à observer.  Il s'agit du résultat d'un événement ayant rencontré mon regard, qui dispose de moyens graphiques pour en rendre compte.  Et, dans chaque double-page, le lecteur/spectateur pourra reconstituer l'image fantôme d'un moment auquel il n'a pas assisté, ou dont lui-même a eu une autre vision.  Comme apparaissent sur les photos du fin fond de l'univers prises par Hubble des galaxies depuis longtemps disparues.  

Bref, tout cela mérite d'être exploré plus avant et dépassera certainement la gerbe d'idées enthousiastes du 27 août 2021 à 18h15, mais il se peut que le moment soit historique...

Plus certainement, la couverture de la 3ème édition de Musiques en Tonnerrois restera pour moi un excellent moment de dessin, mais aussi de musique, bien que je ne sois pas la mieux placée pour en parler.  Je voulais simplement remercier ces musiciens hors pairs qui m'ont accueillie avec tant de naturel et m'ont laissé m'emparer de ce qui fait que leur vie est un festival en soi.

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13 septembre 2021

Reportage pour Musiques en Tonnerrois (3ème partie)

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Le concert d'ouverture a eu lieu le jeudi soir, et Belle qui tiens ma vie en a été le morceau inaugural.  C'est Lisa-la-Bassiste qui s'est installée en premier, régalant le public déjà présent de quelques lignes de pop décalées plutôt réjouissantes.  Je n'ai pas eu le temps d'en dessiner davantage, car le morceau mêlant amateurs et professionnels n'a duré que 6 trop courtes minutes.  Mais j'avais eu l'occasion de croquer quelques physionomies amies la veille, alors il était temps de rentrer dans le vif du sujet en m'attaquant aux musiciens du festival : David-le-pianiste, Cathy-la-violoniste et Benoît-le-violoncelliste, qui n'ont pas forcément joué dans la formation représentée mais se sont succédés sous les verrières de la Halle de Tonnerre.  Car, contrairement à la photo, qui fige un instant, ou à la vidéo, qui déroule un moment, le croquis sur le vif est une sorte de condensé d'instantané et de durée.  Une spécificité sur laquelle ce reportage musical m'a donné l'occasion de méditer...

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Il fallait en effet une bonne dose de culot graphique pour s'attaquer sur le vif à des événements par nature dynamiques.  Par exemple, dans l'après-midi du jeudi, la Gentilhommière des Brions avait ouvert ses portes au Festival pour une sorte de mini-conférence à destination des enfants, sur l'art de la composition, suivie d'un goûter.  C'est la spécificité de ce festival que de mêler musique et patrimoine.  Les propriétaires des Brions acceuillent les musiciens de MeT depuis le départ, et mettent à la portée des visiteurs les merveilles de leur demeure.  En l'occurrence, la démonstration a eu lieu dans une salle dont les fenêtres étaient ornées de motifs floraux.  Je voulais absolument que chaque double-page de mon carnet reflète scrupuleusement une particularité propre à chaque lieu investi.  J'ai donc planté mon petit tabouret en face de la verrière et me suis acquittée de la promesse faite à l'un des enfants, la veille, de réaliser son portrait.  La suite a coulé de source : deux petites filles se sont installées près de lui, bientôt suivie par une rangée d'adultes, qui m'intéressaient moins puisqu'ils n'étaient pas le public ciblé par l'événement.  Une musicienne, Marie-la-violonniste, quelques enfants et la verrière, et le tour était joué. Le tout en une heure et demie.  Il ne s'agissait pas d'avoir les deux pieds dans le même sabot, et mes années d'urban sketching m'ont été un apprentissage précieux.

 

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Comme pour les autres éditions, le festival a convié deux conférenciers à venir faire un exposé sur un thème lié à la musique; cette fois, il s'agissait des liens entre elle et la science, d'où la présence de Nicolas-le-Physicien et de Martine-la-philosophe.  Evidemment, une conférence, c'est moins palpitant à croquer qu'un concert... il a donc fallu ruser, d'autant que la salle de la Basse-Cour, à Tanlay, réservée à l'événement, présentait bien peu de spécificités pittoresques.  Mais il y avait le public, qui lui aussi joue un rôle crucial dans un festival, et parmis lequel on comptait quelques figures incontournables, dont Nicole-la-présidente de MeT, par exemple.  J'ai eu cette fois tout le loisir de saisir les physionomies présentes... un petit lustre typique du lieu et le tour était joué.

 

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Ces conditions de dessin confortables n'étaient pas du tout réunies le samedi pour le concert-promenade au château de Nuits-sur-Armançon.  Evidemment, puisque le public devait suivre un itinéraire de découverte du lieu, avec une petite pause musicale à chaque endroit remarquable.  Pas question donc de s'attarder pour croquer la foule ou un groupe de musiciens.  J'ai donc mis Gersende-la-productrice en vedette et consacré le reste de la page à l'architecture des lieux.  avec quand même un petit croquis lâché de Gionata-le-flûtiste saisi à la volée, pendant un très court morceau interprété près d'un puits.  Et un autre d'un bénévole souhaitant rester anonyme mais que tous ont reconnu.  J'avais l'impression d'être membre d'un commando graphique et d'accomplir une mission éclair d'infiltration...  On ne s'imagine pas combien la vie d'un carnettiste peut être trépidante en certaines occasions...

Je garde pour la fin la relation de concerts bien plus traditionnels...

01 septembre 2021

Reportage pour Musiques en Tonnerrois ( 2ème partie )

Avant le début du festival à proprement parler, les musiciens de Musiques en Tonnerrois se sont mis à pied d'oeuvre pour peaufiner leurs prestations. Le Conservatoire de Musique et de Danse de Tonnerre, mais aussi la gentilhommière des Brions et l'église de Junay leur ont ouvert leurs portes pour de longues journées de travail.  Je n'allais pas laisser passer l'occasion de me faufiler entre les pupitres pour commencer à saisir attitudes et physionomies.  Et profiter de la musique, parce que ce que ces artistes-là appellent répétitions, ça ressemble à de vrais concerts.  Ils travaillent tellement dans la nuance que, pour mon oreille plutôt profane, ça équivalait à une représentation à chaque fois.  En tant que guitariste amateur, j'en ai pris de la graine (et mis à réduire mon infusion de cigue).  En tant que sketcheuse, je me suis régalée à chercher la posture la plus représentative, tout en réfléchissant à l'avance à ce qui me permettrait d'évoquer les différents lieux habités par le Festival sans forcément représenter l'intégralité de l'espace.

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J'ai toujours adoré la grande salle Gaston Moat du Conservatoire.  Au point de l'avoir peinte une fois, avec ses fenêtres arrondies et ses piles de chaises.  Elle représente beaucoup pour la plupart des musiciens du Tonnerrois, qui y ont joué ou sont venus y écouter leurs enfants ou des artistes confirmés.  J'étais d'autant plus contente de lui rendre cet hommage qu'on sait qu'un jour prochain elle cessera d'abriter les balbutiements des jeunes musiciens de notre territoire, au profit d'un conservatoire flambant neuf...

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Quand on s'installe le plus discrètement possible pour croquer une scène, on a tout le loisir de faire porter son attention sur des petits détails qui ne prennent sens que sur la page.  Comme par exemple le gilet préféré de Sophie-la-Flûtiste, qui est un manifeste en soi et semblait complètement décalé pendant la répétition à laquelle j'ai assisté.  Surtout, j'ai pu saisir l'attention sans faille des musiciens qui présentaient pour la première fois leur interprétation d'Eau Forte, la pièce que Frédéric-le-compositeur avait conçue sur la Fosse Dionne de Tonnerre, ce lavoir circulaire à l'aura de mystère qui ne manque jamais d'interpeler les touristes.  Il les a écoutés les yeux fermés et ils ont bu ses directives avec avidité.  Une qualité d'écoute de part et d'autre que j'aurais aimé retranscrire graphiquement.

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Enfin, je me suis rendue à la halle de Tonnerre pour la répétition générale de Belle qui tiens ma vie, un morceau adapté par Jean-Jacques-l'arrangeur pour que les musiciens amateurs de la ville puissent se joindre aux professionnels du festival.  L'enthousiasme et la ferveur étaient palpables et la répétition avait un air de fête que j'ai essayé de capturer tandis que je croquais.  Autant dire qu'avant même le début du Festival à proprement parler j'étais déjà remontée comme une pendule.  Il ne restait plus qu'à attendre le jour J, que je raconterai dans le prochain épisode...

31 août 2021

Reportage pour Musiques en Tonnerrois (1ère partie)

Il y a quelques mois, j'ai assisté à la première réunion du bureau du Festival Musiques en Tonnerrois, chez Sophie-la-Flûtiste à Junay, près de chez moi.  J'avais mis le pied dans la porte pour proposer aux musiciens de cette manifestation toute jeune et déjà prestigieuse de réaliser un reportage graphique sur l'édition 2021, la 3ème.  Et j'ai été accueillie les bras ouverts par toute l'équipe, pourtant déjà soudée, puisqu'unie par des liens de famille ou d'amitié bien établis.  L'occasion pour moi de découvrir et faire découvrir tout le travail qui existe en amont de la tenue d'un festival : demandes de subvention, perspectives futures, obtention de lieux adéquats, établissement du programme, répétitions, conception des supports de communication, affichages, interviews dans la presse, et j'en passe... Mais surtout l'occasion de mettre à l'épreuve les aptitudes acquises et développées pendant ces 9 années d'urban sketching en compagnie de fous du carnet de voyage : il s'agissait de saisir au vol les physionomies et les ambiances, sans demander à personne de poser ou de recommencer quoi que ce soit, en me tenant le plus discrètement possible en marge des événements, dont je ne perdrais pas une miette.

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Je suis retournée à Junay par la suite pour dessiner pendant le tournage du clip vidéo de promotion, réalisé par Dominique-le-Réalisateur, dans la cour de la mairie.  Une soirée presque estivale, sous les étoiles que saluaient les ululements d'un oiseau de nuit, un moment hors du temps auquel ont participé des figurants disciplinés, chargés d'applaudir, de regarder à droite ou à gauche, d'afficher des expressions évocatrices... tout un métier.  Tout ceci nous a emmenés assez tard dans la nuit, mais tout le monde avait pris des forces avant chez Sophie-la-Flûtiste et avait à coeur de contribuer de son mieux à l'oeuvre commune et Dominique-le-Réalisateur était très satisfait de sa petite équipe d'amateurs.

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Prochaine épisode : les répétitions.


06 août 2021

En reportage graphique au Gargouillosium

Le Gargouillosium, c'est une manifestation étonnante qui fêtait cette année ses 20 ans : elle réunit des sculpteurs venus créer en direct des gargouilles, sous les ruines du vieux château fort de la petite cité de Noyers-sur-Serein, dans l'Yonne.  L'idée, c'était de rendre compte de leur travail à la façon des Urban Sketchers, c'est-à-dire sur le motif.  Le genre de mission motivante mais délicate, les modèles vaquant à leurs occupations sans trop se soucier de notre présence.  Nous étions une douzaine réunis à Noyers, mais une petite moitié seulement a tenté l'ascension des 300 marches menant au chantier.  Certains l'ont malgré tout fait plusieurs fois... je dis ça, je dis rien.

Tout avait commencé quelques mois avant par deux visites en plus petit comité à l'atelier d'Yvan Baudoin, sculpteur à Dannemoine.  L'occasion de se familiariser avec la technique et d'apprivoiser les gestes et les teintes.

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Stéphane, l'autre sculpteur de l'atelier, martelait méticuleusement une inscription cocace en latin sur une pierre tombale.  Question gargouille, il y avait de quoi se faire la main dans l'antre poussiéreuse des deux créateurs.

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C'était donc fin prête que je me suis rendue à Noyers fin juillet. Il ne restait plus qu'à attraper sur le vif les physionomies des sculpteurs. Heureusement, la corporation ne semble compter que des caractères remarquables, plus faciles à saisir que des comptables. Notamment Gaston, maître sculpteur octogénaire, contrairement aux apparences, que ses comparses semblaient révérer comme une référence incontournable.  Le Gérard Michel de la sculpture de gargouilles, en somme.

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Le temps incertain de cet été voyait ses effets contrastés contrecarrés par des toiles de tente bienvenues, et c'est à leur abri que la plupart s'étaient installés.  Lors de ce premier dessin, elles nous ont protégés d'un soleil ardent.  Le lendemain, c'était un déluge rare qui s'abattait sur elle, pendant que nous bottions lâchement en touche dans l'un des restaurants du village.

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Le dernier jour, finalement, je suis remontée épier les faits et gestes de Yann Raufaste, président de l'association Palanca.

 

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20 juin 2021

La fin d'une époque

Il fallait bien conclure le processus un jour.  Ca s'est fait un peu tout seul cet après-midi : j'étais en train de rêvasser, le pinceau à la main, et, quand j'ai accommodé à nouveau, ma signature apparaissait dans un coin du tableau, signe peut-être pas qu'il était fini, mais qu'en tout cas, j'en avais fini avec lui.  En regardant mon agenda, j'ai vu que j'avais commencé le 14 avril ce mètre carré sur le thème de la Belle Epoque, et qu'il m'avait fallu 28 séances de travail pour arriver au moment de passer le dernier glacis.  Car c'est par là que j'ai entâmé cette dernière séance : un peu de blanc très fluide, à l'essence de térébenthine, sur le coin supérieur droit, pour faire reculer un peu la vierge aux lys dans les limbes dont elle tente d'émerger, histoire qu'elle ne vole pas trop la vedette à mes personnages.  Et puis j'ai remis quelques touches de lumière par ci par là, en empâtements, mais avec parcimonie parce que la composition disperse déjà suffisamment le regard.

Il faudra une loupe pour jouer au jeu des 7 erreurs, cette fois, mais je passe sur les dernières étapes, très peu spectaculaires, pour vous livrer la version finale ( a priori, on n'est jamais à l'abri d'un remords et l'huile permet de retoucher à l'infini...).

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24 mai 2021

Chipotages

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A partir du moment où presque toute la toile est couverte, on ne distingue plus très bien les étapes. J'ai compté hier : j'en étais à plus de 20 séances, sans changement substantiel sur la toile.  De quoi décourager un peu, parfois, et donner envie de passer à autre chose.  Heureusement, dans ces cas-là, j'ai mes petits carnets; je viens d'en achever deux que j'avais commencés il y a des mois.  Une grosse satisfaction.  Surtout quand on choisit le carnet suivant, celui qui va accueillir les dessins de l'année à venir...

 

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Pour en revenir au tableau, j'ai commencé à placer la glycine, la fameuse glycine de la maison de Sido, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, où nous avons passé des vacances l'été dernier, sur les traces de Colette, en lisant ses livres et en mettant nos pas dans les siens.  Je n'avais qu'une photo de la plante constricteuse, qui a arraché la grille et colonisé son voisin l'arbre.  Mais ça a suffi à habiller ce coin de tableau qui restait en friche.  Ceci dit, peindre une glycine, c'est long et périlleux.

 

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Pendant qu'un coin sèche, je me consacre au suivant.  En l'occurrence l'affiche avec Sarah Bernhardt qui permet d'introduire une graphie et me donne l'occasion de réfléchir à l'introduction d'une citation de Colette, mais laquelle et où ?  Le suspense reste entier.  De toute façon, le tableau est loin d'être fini, il me reste du temps pour mûrir les derniers détails, avant que les glacis ne viennent organiser les plans de façon décisive.

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07 mai 2021

Deuxième semaine

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Pendant que je peignais, j'ai continué à fueilleter mes ouvrages sur Mucha - j'en ai des tas ! - et je suis tombée sur une affiche sur laquelle figurait Sarah Berhnardt, dont on trouve des mentions dans les mémoires de Colette.  En prime, la gamme de couleurs était tout à fait susceptible de se marier avec celle que j'avais en tête.  J'ai donc inséré un nouvel élément dans ma foisonnante structure, qui ne résolvait pas intégralement la problématique du coin supérieur gauche, mais permettait de finaliser une composition triangulaire laissée en jachère dans les première étapes du tableau.  Mon idée initiale, ça avait été de peindre un magnifique cèdre du Liban qui trône à Saint-Sauveur-en-Puisaye dans la cour de l'école.  Un arbre que la petite Colette a connu, planté par un général de Napoléon, Kléber.  Mais je n'avais que des photos prises en contre-plongée qui allaient m'obliger à peindre une sorte de plafond végétal difficile à justifier dans un tableau déjà un peu foisonnant.

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A partir de ce moment-là, chaque étape allait être nettement plus discrète.  La copie de la madonne aux lys de Mucha s'annonçait un travail de longue haleine, avec les plis de la robe et l'abondance de fleurs autour du personnage.  J'avais déjà peiné dessus pendant mes années de formation, lorsque mon professeur de peinture à l'huile, le très excellent Tatsuo Jikumaru, m'avait mise au défi d'en peindre une reproduction fidèle.  Je savais donc qu'il fallait prendre son mal en patience et s'atteler à la tâche, par séances de deux ou trois heures. J'étais en vacances, à ce moment-là, et je pouvais envisager de me consacrer à ce travail monacal en toute sérénité.

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Petit à petit, l'ambiance générale se précisait, apportant des tas de modifications possibles que je manipulais dans ma tête pendant que je montais chaque zone.  La lampe Art Nouveau du coin inférieur gauche allait me poser un problème d'éclairage que je n'avais pas vraiment anticipé : l'ombre sur la joue de Colette contredisait totalement la lumière qu'elle avait installée.  Qu'à cela ne tienne, la peinture à l'huile permettait toutes les modifications. Il s'agissait juste de se faire une idée suffisamment précise et de passer à l'action...

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06 mai 2021

Top départ !

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Les premières étapes sont toujours gratifiantes : le motif apparaît rapidement à grands coups de brosse sur le fond brique -posé à l'acrylique-,  et on se rend assez vite compte de ce que ça doit pouvoir donner à la toute fin.  Et du travail que ça va requérir aussi.

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Comme je ne suis pas d'une patience d'ange, j'ai tout de suite sauté sur les portraits, qui constituaient selon moi le coeur de ce mètre carré.  A l'huile, on peut tout de suite traquer la ressemblance, comme si on sculptait les visages.  Ca n'est pas forcément simple, mais on a toute latitude pour se reprendre à autant de reprises qu'on veut, d'où une impression de grande liberté.

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En trois séances, tout est quasiment en place. On peut même se permettre le luxe de délaisser un quart de la surface, pour se donner le temps de réfléchir à ce qui fonctionnerait le mieux dans ce recoin-là, par rapport aux autres motifs.  De toute façon, il y a déjà de quoi s'occuper pendant qu'on cogite.  L'atelier a repris sa puissante odeur de térébenthine, qui finit par brouiller un peu la vue mais débouche le nez, et une contracture familière s'est durablement installée de part et d'autre de ma colonne vertébrale; elle résiste à tous les aménagements ergonomiques auxquels je me livre régulièrement, pour varier les postures.  C'est le prix à payer, je ne me plains pas.  De toute façon, je me régale trop.

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