250

Une fois de temps en temps, on bénéficie d'un automne tout doré, avec une  lumière spectaculaire sur des feuillages jaunes.  C'était le cas cette année, et la scketcheuse en moi n'a pas résisté à quelques petites sorties opportunistes à la lisière des bois.

252

J'ai procédé méthodiquement, écumant les rues de mon village et repérant les spécimens feuillus les plus tape-à-l'oeil. J'avais l'embarras du choix.  Pour une fois, les sujets architecturaux étaient remisés au placard et la nature occupait toutes mes pensées graphiques.

 

253

Au final, je me suis retrouvée en plein coeur d'une évidente phase jaune... mes godets, d'habitude modérément sollicités, ont fondu comme neige au soleil.  Comme si j'ouvrais en grand une fenêtre jusque là protégée par d'épais rideaux, pour laisser la lumière entrer à flots.   C'est Garcia Marquez qui l'a dit : "la luz es como el agua" et c'était la crue !

 

259

Et puis la grisaille s'est abattue sur les paysages de l'Yonne.  Mais je ne pouvais pas en rester là... la mécanique était lancée, il fallait aller au bout de mon geste.  J'ai mis les aquarelles de côté, pour d'autres types de travaux, et ressorti des petits flacons d'encre qui n'avaient pas été ouverts depuis des années.  Du coup, les motifs automnaux se sont parés de nuances nouvelles.

 

260

Et j'en suis à me détourner du travail avec modèle pour laisser libre cours à de petites expérimentations jubilatoires, en forme d'incendies qui se répandent à la vitesse du pinceau...