Il y a quelques semaines, j'ai été attirée hors de ma tannière bourguignonne par les feux de la Capitale.  Des appâts irrésistibles avaient été savamment déployés pour me faire quitter mon coin de campagne, mais c'était pour la bonne cause : une nocturne du dessin à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, place du Trocadéro, et une visite dessinée de la Manufacture des Gobelins, dans le XIIIè arrondissement.  Les deux tombant opportunément des jours consécutifs, j'ai pu me dégager un peu d'espace de liberté pour profiter à fond de ces deux occasions rares.

Tout d'abord, j'ai découvert les moulages spectaculaires et grandeur nature des fleurons de nos cathédrales françaises.  Tous regroupés dans des espaces impressionnants, à l'éclairage savant, quoi que peu propice au croquis, et détaillés à l'envi par des élèves de l'école du Louvre, qui avaient préparé leurs topos aux petits oignons.  Passionnnant.  J'en ai oublié d'aller jeter un coup d'oeil à l'expo Schuiten qui se tenait dans une salle à part !  Et pourtant, je suis fan des Cités Obscures depuis au moins 20 ans !

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Une petite douzaine de sketchers parisiens s'était donné rendez-vous pour l'occasion, autour de Jérémy Soheylian, qui animait un atelier de prise de notes architecturales.  Curieusement, les allées du musée étaient bien moins animées que ce que j'aurais cru mais, du coup, on a pu pleinement profiter de ses volumes imposants, dans la plus grande tranquillité, ce qui est bien rare à Paris.

Le lendemain, rebelotte du croquis aux Gobelins, sous la houlette de Valérie Parvais, croqueuse et basse-lissière qui nous a fait partager le quotidien des Manufactures, de la cantine aux armoires de stockage des échantillons.

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Une après-midi pleine d'enseignements et de rencontres sympathiques.  Les employées n'ont pas l'habitude de se voir mises à plat sur du papier et l'expo des dessins, au bout d'un peu plus de deux heures de travail dans leur grand atelier vitré, juste avant leur week-end, a été un moment précieux de convivialité et de bonne humeur.  Normalement, nos croquis devraient finir exposés à la cantine, à la vue de tous ceux que nous n'avons pas eu le temps de croquer.  Il fallait nous voir arrondir nos bouches en apprenant les détails de leur ouvrage : jusqu'à 8 ans d'abnégation et de tendinite pour obtenir une reproduction d'une oeuvre originale, pas toujours conçue pour leur faciliter la tâche...

Histoire de bien conclure ce séjour super dense, nous avons fait un tour entre Sketchers à l'exposition consacrée à Hayao Miyazaki au Musée Art Ludique, aux Docks (entrée et boutique exorbitantes mais des milliers de layouts de la main du maître et de son équipe, qui donnent envie de revoir tous leurs films!) et l'exposition sur les Mayas au Musée du Quai Branly, émouvante et bien conçue comme une plongée dans le temps, avec une frise géante en début de parcours pour bien réaliser que non, tout n'a pas eu lieu en Occident à partir de notre Moyen-Age...

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