Depuis des jours je travaille sur une vue de la grande salle du Conservatoire de Musique et de Danse de Tonnerre.  J'en ai enfin vu le bout.  Il faut dire que le sujet était ambitieux : des empilements de chaises à contre-jour dans un vaste espace globalement assez rose.  Des reflets, des ombres, des tas d'objets plus ou moins disctincts... je me suis régalée.  Et j'ai pas mal râlé aussi, mais ça fait partie de la routine de l'aquarelle.  Une immense coulure a profité d'une phase de séchage pour se balader d'un bout à l'autre de l'oeuvre pendant que j'avais le dos tourné.  Le temps que je m'en aperçoive, elle avait séché et s'annonçait irrécupérable.  Mais bon, avec l'expérience, on n'est pas sans recours.  Au total, la traînée passe assez inaperçu, sauf si j'attire l'attention de tout le monde dessus comme je viens de le faire... Pas malin.

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J'aime beaucoup cette grande salle si calme, en dehors des auditions, avec ses vastes portes vitrées par lesquelles on aperçoit la cour et les maison du côteau d'en face.  J'y ai déjà exposé deux fois en compagnie d'amis peintres, sans compter les occasions où j'ai sué sang et eau sur des morceaux de guitare pour élèves du primaire...  Un endroit rempli de bons souvenirs auquel j'avais envie de rendre un hommage respectueux, alors que les budgets de fonctionnement du Conservatoire fondent comme neige au soleil et que les subventions habituelles sont tout bonnement annulées.  C'est pourtant un lieu vivant, convivial et stimulant, dont les piles de chaises devraient continuer à recevoir les séants de spectateurs profondément attachés à la vie culturelle de leur ville.