J'ai récemment découvert un carnettiste de San Francisco, Paul Madonna, qui a connu le succès en publiant chaque semaine un petit dessin commis dans un café de sa ville dans les pages d'un journal local.  Il a fini par publier un recueil de ses oeuvres, accessible gratuitement sur Internet dans sa version pour tablette, c'est assez rare pour être souligné.  Comme rien ne remplace le papier, à mes yeux, j'ai fait l'acquisition de la version matérielle de son livre, et je ne le regrette pas du tout.  Quel plaisir de suivre ce monsieur dans ses pérégrinations à travers la ville, de l'imaginer assis à la table d'un coffee shop à l'américaine, et de découvrir les vues qui se sont offertes à ses yeux attentifs.  Il a le culte du petit détail et son traitement des scènes en monochrome sépia, avec tout juste une petite touche d'aquarelle parfois, a le don de me ravir.

Paul_Madonna

Son livre s'intitule Everything is its own reward, et le titre en dit long sur l'univers mental de ce dessinateur mélancolique, qui pose sur San Francisco un regard en demi-teintes.  Les petits textes à la calligraphie si typiquement anglo-saxonne qui accompagnent ses dessins dressent un portrait en creux d'un homme un peu désabusé, bousculé par la vie, qui a trouvé dans ses carnets un exutoire à la mesure de son désarroi.  L'envers du décor du rêve américain, en quelque sorte. 

Everything_is_its_own_reward

En résumé, un joli voyage plein de nostalgie dans les rues de San Francisco que les caméras d'Hollywood n'ont jamais visitées.